J’ai beaucoup de difficultés à entendre se justifier des réflexes réactionnaires qui sont liés à la discussion publique sur l’identité québécoise. Je dis pas que ce que c’est exactement ce que présente la personne que Mounir interview, mais à un moment donné, il faut que tout le monde ait une réflexion sur leur attachement culturel à leur pays d’origine (québécois.e inclu.e). La culture ça s’exprime surtout par une cohabitation humaine dans la vie de tous les jours, pas tant dans les discours publiques qui sont souvent l’expression d’une classe dominante.
C’est peut-être pas le premier enjeu dans la vie d’une personne qui vient d’immigrer et qui doit se trouver un lieu où habiter, une école pour ses enfants et une job pour survivre dans le capitalisme sauvage nord-américain. Par contre, ça n’élève en rien la discussion de dire “ah bin fuck you, je vais m’opposer au modèle québécois en grande partie parce que les politiciens québécois ont des propos racistes”. Résultat, toute la société civile et le vivre ensemble en écoppent, l’apathie domine.
Je suis d’accord que le discours du PQ est divisif, mais j’ose exprimer un doute sur la volonté d’une personne à s’intégrer dans la culture québécoise si tout ce que cette personne cherche à faire en venant au Québec, c’est de seulement se trouver une place dans le modèle d’exploitation capitaliste. Ce même modèle que je rattacherais aussi au multiculturalisme canadien qui ne favorise pas l’intégration, mais plutôt rejette l’idée d’un projet de société basé sur des valeurs communes, outre celle accordée au capital.
Je pense que nous avons rejeté une partie de cette doctrine-là avec la Révolution tranquille, mais que le néolibéralisme (qu’a aussi adopté le PQ à la fin du siècle dernier) a participé au désagrègement du projet québécois et de sa mise en place d’un modèle interculturel qui promouvoit l’idée d’une identité québécoise tangible. Celle d’une identité où on considère positif ce qu’apporte la culture québécoise, de l’époque Nouvelle-France jusqu’aux réalités multiethniques contemporaines, Si on rejette tout de ce continuum sans nuance (les critiques constructives sur les problématiques coloniales, religieuses et celles adressés aux classes dominantes sont toujours bienvenues), je ne crois pas qu’on puisse se dire québécois ou québécoise sans faire sourciller les autres.


