Lorsqu’un mouvement se compose de nombreuses assemblées autonomes, un problème apparaît rapidement : comment faire circuler les arguments, objections et propositions entre elles sans qu’une coordination ou un petit groupe finisse par décider pour l’ensemble ?
Une possibilité consiste à organiser directement la circulation du travail entre les assemblées.
Chaque assemblée produit un résumé de ses discussions : les principales informations, les arguments, les objections, les propositions, les alternatives et, lorsqu’il y en a, les résultats des décisions prises.
Ces résumés sont transmis rapidement dans un espace commun et regroupés par thèmes pour produire une synthèse. Il ne s’agit donc pas d’attendre qu’une assemblée centrale nationale se réunisse quelque part plusieurs semaines ou plusieurs mois plus tard : la circulation des résumés et des synthèses peut accompagner le mouvement au fur et à mesure qu’il évolue.
La synthèse permet alors à chaque assemblée de savoir ce qui se discute ailleurs : quels arguments apparaissent, quelles objections sont soulevées, quelles propositions évoluent, quels désaccords persistent. Elle retourne vers les assemblées, qui poursuivent leurs discussions et peuvent à leur tour produire de nouveaux résumés.
La synthèse n’est pas un lieu de décision. Les décisions restent dans les assemblées, selon les modalités que les participants ont choisies. Les personnes qui réalisent une synthèse n’ont donc pas à décider quelle position serait celle du mouvement. Leur rôle est de restituer aussi fidèlement que possible l’état des discussions : propositions, arguments, objections, alternatives et désaccords significatifs.
Le fonctionnement devient alors un cycle :
assemblées → résumés → synthèses → retour aux assemblées → nouvelles discussions → éventuelles décisions → nouvelle circulation
Ce fonctionnement pourrait s’appliquer à quelques assemblées pendant une manifestation comme à un réseau beaucoup plus large d’assemblées réparties sur le territoire.
Il ne s’agit pas de proposer un règlement tout fait. La méthode est expérimentale : elle doit pouvoir être testée, critiquée et modifiée par celles et ceux qui l’utilisent.
Où voyez-vous les difficultés d’un tel fonctionnement ? Dans la fidélité des résumés ? La réalisation des synthèses ? Leur rapidité ? Le risque de manipulation ? La participation ? La prise de décision à grande échelle ? Ou ailleurs ?
Présentation de la méthode et premières affiches explicatives : methodeoh.codeberg.page/methodeoh/

Sinon pour ce genre de débat il y a c/gauchisse sans doute plus adapté que France, même si vu le contexte étudiant je pense que ca peut rester.